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Ainsi est née la Conférence sur les réformes en Ukraine (URC)

Une photo de groupe avec l’ensemble des ministres engagés lors de la conférence.
La photo des représentants ministériels à la Conférence sur les réformes en Ukraine de Vilnius, les 7 et 8 juillet 2021. (© Lithuanian Ministry of Foreign Affairs)
Le processus de réformes en Ukraine n’a pas été qu’un parcours de santé. Commencé en 2014 sous la présidence Poroshenko, il a ensuite connu un coup de frein à cause de conflits armés qui ont éclaté à la frontière du pays. Le nouveau Président Zenlenskyy a bien tenté de reprendre le train de réformes mais, à nouveau, la pandémie de Covid-19 a réduit bien des espoirs à néant. C’est aussi pour faire face à ces difficultés que le soutien international s’exprime au travers de l’URC.

Depuis 2014, de nombreuses salves de réformes ont eu lieu en Ukraine mais leur mise en œuvre n’a jamais été un véritable parcours de santé. C’est sous l’ancien Président Petro Poroshenko que la première volée de réformes a vu le jour afin, notamment, d’éclipser l’ancien système post-soviétique et rapprocher le plus possible l’Ukraine du système européen.

Parmi les réformes, plusieurs ont agi pour assurer une décentralisation du pouvoir; les réformes sectorielles dans les secteurs de la banque, de la défense, de l'efficacité énergétique, de la santé ou encore de l'éducation font partie de celles qui ont connu une réussite certaine. De fait, depuis 2014, des efforts considérables avaient été déployés pour créer des institutions nouvelles et intactes, capables de lutter contre la corruption de haut niveau. Mais la perte progressive du soutien populaire (sur fond de conflit militaire) et la concurrence croissante au sein de la coalition au pouvoir, Porochenko n'a finalement pas réussi à démanteler le système oligarchique qui a empêché la transformation économique et politique souhaitée dans le pays.

Perte de dynamique dans les réformes

Une nouvelle dynamique dans le processus de réforme a été observée lorsque le président Volodymyr Zelenskyy a pris le pouvoir et formé son gouvernement en août 2019. Zelenskyy a fait passer quelques dizaines de lois pour relancer le processus de réformes, en renforçant notamment les capacités des institutions de lutte contre la corruption. Mais, là encore, ce nouvel élan s’est essoufflé au début du mois de mars 2020 avec l’apparition de la pandémie de Covid-19. Les stratégies de survie économique ont complètement freiné l’agenda des réformes.

La perte de dynamique dans les réformes est également due à l'absence d'un programme de réformes clairement articulé et d'une vision stratégique pour le pays de la part du président et du gouvernement. En l'absence d'une vision claire du programme de réforme global et d'une absence de leadership politique dans de nombreux secteurs, l'écosystème de réformes précédemment établi s'est progressivement érodé. Face à ces multiples difficultés, des structures existent pour favoriser le soutien des acteurs internationaux et multilatéraux au programme de réformes entamé en 2014 en Ukraine: c’est le cas notamment de la Conférence sur les réformes (URC) qui eut lieu, pour la première fois, en 2017.

En 2022, Lugano accueillera la cinquième édition de l’URC. Ce sera l’occasion de faire le point lors d’un premier jubilé, mais il s’agira également de la première édition de la phase de relance après la crise sanitaire.

Quelles seront les particularités de la Conférence de Lugano?

L’organisation de la cinquième Conférence sur les réformes en Ukraine les 4 et 5 juillet 2022 à Lugano, sera une opportunité de positionner la Suisse comme partenaire solidaire et fiable, et qui met en œuvre ses différentes stratégies thématiques contenues dans sa stratégie de politique extérieure 2020-2023 dans un pays géographiquement proche et prioritaire pour les intérêts de la Confédération.

Durant l’année menant à la conférence de Lugano, la Suisse aura l’opportunité de contribuer positivement à un processus d’importance majeure pour l’Ukraine et pour l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux impliqués. Parmi eux, l’Union européenne, les États-Unis, les institutions financières internationales tels que le FMI, la Banque mondiale, l'OTAN, la BERD, la BEI, l'OCDE, l'OTAN, le PNUD et le Conseil de l'Europe figurent parmi les principaux partenaires engagés pour les réformes dans le pays.

Ceci dit, contrairement aux précédentes villes hôtes, Lugano bénéficiera d’une particularité non négligeable. Contrairement aux précédents organisateurs (le Royaume-Uni, le Danemark, le Canada ou encore la Lituanie cette année), la Suisse n’est membre ni de l’Union Européenne, ni de l’OTAN. Ce positionnement particulier parmi les partenaires de l’Ukraine, de pair avec l’engagement de longue date de la Suisse en Ukraine et, ainsi donc, la crédibilité acquise, lui permettent de proposer une méthode et un agenda pragmatiques et nouveaux.

Dernière mise à jour 26.01.2022