Célébration des 30 ans de la Convention des droits de l’enfant

20.11.2019

Palais des Nations, Genève

Rednerin/Redner: Staatssekretärin, Pascale Baeriswyl

 

Madame la Haut-Commissaire, Madame la Directrice,

Monsieur le Directeur, Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Mais surtout : Très chers enfants,

« Pensez à la paix, ça veut dire pensez aux enfants. » C’est l'ancien président de l'Union soviétique Gorbatchev qui écrivait cette phrase à Astrid Lindgren, auteur de livres pour enfants et créatrice de Fifi Brindacier, Ronya, fille de brigand ou Emil de Lönneberga.

Fifi, Ronya et Emil furent des enfants indépendants, fourbes, souvent désobéissants, mais avec un cœur d’or et plein d’idées sur comment améliorer le monde des grands, car, hélas, malgré les progrès dans le domaine des droits des enfants, tant l’aspiration des caractères de Lindgren que la citation de Gorbatchev portent une profonde vérité.

Ainsi, jamais je n’oublierai, quand, dans une province en Colombie, nous visitions une école il y a deux ans. Une foule vint m’embrasser joyeusement, de sorte que je disparus dans les bras de tous ses enfants. Derrière leur gaieté se cachait pourtant une sombre réalité : tous les jours, en allant à l’école, ses enfants risquent leur vie, car la province - après de nombreuses années de guerre – n’a plus d’institutions qui assurent suffisamment la sécurité de leur chemin vers l’école.

Je n’oublierai pas non plus Saeb, ce garçon palestinien, rencontré l’année passée dans un camp de réfugiés au Liban, qui me racontais – désespéré – que malgré toute formation, il n’aurait jamais une perspective d’emploi raisonnable, dû à son statut.

Puis, pas plus tard que samedi passé, je visitais – en Egypte – un centre avec des enfants arrivés sans accompagnement du Soudan, souvent traumatisés par des abus sexuels ou des violences en route, faute de protection adéquate.

Et pourtant, une des premières choses que nous avons toutes et tous appris comme enfant, c’est qu’il faut suivre certaines règles : celle banale comme d’attendre devant un feu rouge avant de traverser la route ou de devoir faire ses devoirs ou celle plus fondamentale comme respecter les autres.

Eh bien, pourquoi en serait-il autrement pour les Etats ?

Il y a 30 ans, la Convention relative aux droits de l'enfant est entrée en vigueur. Elle a été ratifiée par 196 États. Aucune autre convention ne jouit d'une telle reconnaissance et validité universelle. Eh bien, nous venons de le dire : il faut tenir ses promesses, ou, en latin juridique : « Pacta sunt servanda ».

En ratifiant la Convention, les États se sont engagés à œuvrer pour le bien-être des enfants et reconnaissent leurs droits à la santé, à l'éducation ou aux soins.

C’est vrai qu’il n’y a jamais eu autant d'enfants inscrits à l’école. Et selon UNICEF, la mortalité parmi les enfants de moins de cinq ans a diminué de plus de 50%, pendant que la proportion d’enfants sous-alimentés a presque diminué de moitié depuis 1990.

Et pourtant, selon les analyses de la Banque mondiale, plus de 400 millions d'enfants grandissent encore aujourd'hui dans des conditions d'extrême pauvreté : Cela signifie que 400 millions de jeunes doivent craindre pour leur avenir. Pire encore, ils sont souvent privés de leur présent.

 

Mesdames et Messieurs, chers enfants,

C’est le jour non des promesses, mais des engagements : La Suisse, comme Etat-hôte, va continuer à s’engager avec force et conviction pour soutenir le système onusien pour les droits des enfants comme par exemple l’OHCHR ou l’UNICEF.

Nous continuerons aussi notre soutien à des organisations non-gouvernementales qui protègent les enfants comme « Save the children » et beaucoup d’autres. Et nous travaillerons avec de nombreux projets sur le terrain comme ceux mentionnés en Colombie, au Liban ou en Egypte.

Pour ce 30e anniversaire, la Suisse s’est jointe à l’engagement global d’UNICEF pour chaque enfant, chaque droit, et j’invite tous les Etats à suivre cet appel.

La Suisse s’est jointe également à l’appel du Comité des droits de l’enfant à renforcer la mise en œuvre de la Convention. Pour ce faire, notre gouvernement a présenté un paquet de mesures visant à améliorer les droits de l’enfant, notamment pour les enfants placés ou les enfants avec un parent détenu.

Mais heureusement, les enfants ne sont pas seulement des victimes ou des êtres vulnérables. Ils sont – ou plutôt - vous êtes - des actrices et acteurs impressionnants, « actors of change » ! On l’a vu ici ces derniers jours, et ces derniers mois, c’est avant tout le mouvement global des jeunes pour le climat qui nous a montré la détermination avec laquelle les jeunes peuvent influencer la politique. Les écoliers et écolières des quatre coins du monde ont ainsi rappellé aux politiciennes et politiciens : « pacta sunt servanda », il est urgent de tenir les engagements.

Chers enfants, je vous félicite pour votre engagement et je vous encourage à continuer d’élever vos voix et réclamer vos droits. Nous comptons sur votre engagement et vos idées novatrices.

Je vous invite aussi à continuer votre engagement jusqu’à l’âge adulte et devenir – vous-même – des décideurs et décideuses qui s’engageront pour un monde en paix et sécurité pour toutes les générations.

« Pensez à la paix, ça veut dire pensez aux enfants. » - Il a raison, Gorbatchev, et j'appelle donc chacun et chacune d'entre nous à un engagement ferme et durable pour que les droits des enfants deviennent une réalité pour chaque enfant.

Je vous remercie.